Madame Pepperpote

10 septembre 2019

Cauchemars

Comme dans les précédents messages, je me sens toujours vidée de parler de cette partie de mon passé, c'est comme devoir l'affronter à chaque fois que je le transpose ici dans ce blog intime alors que j'avais espéré un effet thérapeutique.

Cette nuit, j'ai encore rêvé de ma famille. Chaque fois que je pense ou que je sens que tous ces sentiments s'apaisent, mon inconscient se rappelle à moi à travers ces rêves qui me disent "non non, tu n'en as pas fini, tu seras torturée jusqu'à tes derniers instants". Cette nuit, j'étais dans le jardin de mes parents, je pique-niquais avec ma soeur près du noisetier que mon père a coupé il y a déjà plusieurs années. Je me sentais bien puis mon frère est arrivé, il s'est assis à côté de moi pour profiter lui aussi du pique-nique. Au tout début, je n'étais pas gênée puis je me suis souvenue, je ne voulais pas laisser ce salopard croire que je pouvais accepter sa présence. Je lui ai donc dis sur un ton méprisant :" tu es bien audacieux pour venir t'assoeir à mes côtés". Il a très vite réagit et m'a entraîné par la force dans le cagibi de la maison parentale avec l'intention de me frapper sans que personne ne le voit. Je ne voulais pas lui montrer ma peur et je lui criais dessus "sale pédophile incestueux". Mon mari est apparu d'un coup pour me défendre mais j'ai eu peur pour lui car mon frère est très grand et costaud... puis c'est le trou noir... le rêve reprend à l'intérieur de la maison dans la cuisine, j'explique à ma mère que je n'ai pas à tolérer la présence de mon frère, que je me sens trahie, qu'ils ne devraient pas l'inviter quand je suis là mais aucun membre de cette famille ne se préoccupait de mes sentiments. Sur un coup de tête je suis partie s'en prendre mes bagages, me dirigeant vers la gare pour rentrer chez moi.

A mon réveil, j'avais ce senti d'abandon, j'étais très triste car en plus c'est moi qui ai renié ma famille, c'est moi qui les ai abandonné alors pourquoi j'avais l'impression du contraire ? Parce qu'ils ne se sont pas battus pour moi, aucun d'eux ne s'est remis en question, aucun d'eux n'a demandé pardon. Comme dans ce cauchemar, ils se moquaient de mes sentiments. Je n'ai aucune valeur pour eux.

Je me sens si seule...plus de famille, pas d'amis. Je ne sais plus qui je suis alors que mon objectif est de devenir moi, de rester moi avec qui que soit. Ne plus porter de masque, porter mes opinions et mes choix avec fierté sans en avoir honte. Etre fière de moi, ne plus avoir peur d'être rejetée, critiquée, rabaissée, virée.

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Je ne sais pas comment faire pour exister alors je me sis mise à faire des vidéos asmr sur youtube mais je n'atteins personne. Je me sens loin, si loin de tous et de tout. Je voudrais donner du sens à ma vie. J'ai ma fille mais ça ne me suffit plus, je veux plus, je veux qu'on me regarde, qu'on m'aime, qu'on me rassure, qu'on me protège, qu'on m'écoute.
C'est vraiment une sale journée.
Mais je dois me reprendre, toujours prendre sur moi, ne pas laisser ces émotions négatives me submerger et faire leur loi car je suis plus forte qu'elles, je m'accroche à cette vie comme un parasite et quoiqu'il se passe, je veux tenir.

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20 août 2019

Le RÉVEIL suite aux attouchements et famille dysfonctionnelle

On arrive au gros morceau, celui que je vis actuellement, celui qui me fait crier haut et fort : les attouchements sexuels sont gravissimes et peuvent détruire une vie.

Avant d'arriver à ce grand réveil, j'avais tenter de faire des soins pour me guérir de mes allergies respiratoires, voir alimentaires qui étaient très forts chez moi. Je ne voulais pas encore faire le lien entre ma libido inexistante et les attouchements subis dans l'enfance puisque je voulais me persuader que ce n'était pas grave, pas de viol donc rien à dire, aucune raison de se plaindre.

Et pourtant quand je passais par une médecine alternative : massage des facias, kinésiologie, d'ou venait tous ces pleurs, toute cette colère monstrueuse ? Je le savais, elle venait de mon passé mais là encore je me refusais à la vérité, pourquoi ? Parce que je ne devais pas déranger, faire mon intéressante, que quelqu'un se penche sur mon cas, je ne le méritais pas. Puis le psy de mon frère lui avait dit que c'était quelque chose de banal les attouchements entre frère et soeur. Ma soeur surenrichait en disant que c'était malheureux mais que c'était normal, pas de quoi en faire tout un plat, donc. Et ils avaient sûrement raison puisque j'avais toujours eu tord toute ma vie avec eux et même avec les autres.

Mais la colère était la, je détestais les hommes du plus profond de mon être mais je ne le savais pas encore. Je commençais à m'étouffer toutes les nuits avec ma colère, ma souffrance pensant que j'avais encore un autre problème de santé : l'apnée du sommeil. Mais là encore je voulais pas y regarder, je l'endossais sans en parler à personne. Parfois des cauchemars avec ma famille et mon frère venaient ponctuer mes nuits.

 

Ce qui m'inéressait vraiment, c'était d'aténuer mon allergie aux graminées que je subissais depuis 30 ans et qui me pourrissait littéralement tous mes printemps et début de l'été. Un jour mon mari me parle d'un de ses collègues qui arrive à faire le profil d'une personne juste par le regard, il ressent la personne et peut lire son caractère et ses problèmes passés et à venir. Il était aussi magnétiseur. Je cherchais désespérément un magnétiseur, médecine alternative que je n'avais pas pu encore essayer. Ayant de bons rapports avec mon mari, le magnétiseur accepta de me recevoir chez lui avec sa famille et qui plus est, gratuitement. Tout de suite, il a lu en moi, il ne comprenait pas comment à travers mon visage, je pouvais ressembler à une jeune fille tout en ayant des traits et énergie d'une veille dame. Il m'a expliqué que j'avais différentes facettes, différent moi et que le défi serait de les réunir. Je n'ai pas eu besoin de prononcer le mot "attouchement" car il l'a su, il l'a vu en moi. Il a posé ses mains dans les miennes pour faire circuler l'énergie et là encore une colère monstre use s'est emparé de moi, une colère qui me disait "stop, tu n'as plus à endurer, tu as mal, exploses !!!!" Malheureusement, c'ést tellement foutu dans ma tête et mon corps, que l'énergie ne voulait pas circuler.

On a beaucoup parlé et c'est le premier, je dis bien le premier qui m'a comprise, qui m'a dit non ce que tu as vécu, c'est horrible, ce n'est pas normal. Tu es forte, courageuse avec un grand coeur. Tous ces mots m'explosaient à la face et je ne voulais pas les accepter car n'oublions pas que je suis une merde. Je n'aime pas ma famille, la seule personne que j'aime c'est ma fille, je n'ai pas de grand coeur c'est impossible !! Puis il m'a expliqué que par mon silence, mon frère pensait que je lui avais pardonner et que même j'aurais eu du plaisir dans ces attouchements, par mon silence, je validais ses actes. Puis il m'a dit uen autre chose, une autre chose qui a provoqué le réveil, le craquement de la chrysalide de souffrance et de haine, il m'a dit "tes parents le savaient". Le choc !!
Comment ? Ils auraient laissé mon frère me saboter parce qu'ils préféreraient fermé les yeux. Impossible !! Puis j'ai repensé à divers souvenirs qui laissaient supposer que c'était vrai. 
Ou étaient-ils tous à chaque fois que je me faisais saloper par ce frère détraqué ? Ma mère qui entre dans la chambre et qui dit à mon frère "fais gaffe à ce que tu fais" et part aussi sec. Et plus récemment devant l'attitude de mon frère qui venait toujours avec une heure minimum de retard aux repas familiales sans s'excuser, je disais à mon père enfin, tu sais c'est vraiment uen mauvaise personne, si je te disais ce qu'il m'a fait, tu le verrais autrement (ou pas pensais je dans ma tête) et il a répondu qvec une voix étrange, presque étranglée "ah ? bon ?" et il n'a pas demandé de détail. Tout ceci est bien étrange.

Mais attendez, ils le savaient ? le pacte de ma soeur n'avait servi à rien, elle qui voulait les protéger, ils le savaient ?!!! J'ai demandé illico via facebook à mon père si c'était vrai et il m'a confirmé que oui. Je lui avais bien demandé s'il savait ce que mon frère m'avait fait sans donner de détail. Il m'avait répondu par l'affirmative puis il est parti sur ses problèmes à lui avec ma mère, sa femme quoi, qu'il était lâche et tout. Il avait été très décevant mais j'avais eu ma réponse.
J'en ai parlé brièvement à ma soeur qui ne me croyait pas et qui m'invitait à trouver le bonheur sans impliquer les autres. En résumé, fais pas chier et tais toi. J'ai aussi reparlé à mon frère en lui invitant à reparler avec un psy de ce quil m'avait fait, s'il voulait avoir une histoire d'amour durable avec son amie. Quelle bêtise mais en même temps quelle bonne idée, je me suis auto poignardée et lui reparlant et là j'ai vu son vrai visage d'égocentrique, il jouait la victime, en se planquant derrière une soit disante bipolarité. Qu'il ne fallait pas que je remue le passé mais moi connard, le passé je suis coincée dedans à jouer en boucle les saloperies que tu m'as fait et dit. le pauvre à cause de moi, alors qu'il allait mieux, il a du reprendre ses médicaments et oh le pauvre s'il se suicidait ou s'il perdait son travail ça serait à cause de moi.
Ni lui, ni ma soeur ne se souciaient de ce que je pouvais vivre, de ce que je pouvais ressentir. J'étais au fond de l'abîme, je m'étais tue pour cette famille d'enculée, qui m'avait arraché les ailes !!! COMMENT J'AI PU ACCEPTER DE ME TAIRE SI LONGTEMPS ! Comment j'ai pu accepter d'être piétinée à croire que c'était moi le problème, moi la merde !! Oh mon Dieu !!! Je renais, j'explose seigneur !!! Je les hais tous, tous, je sens un dragon de haine qui me dévore, ma tête tourne, je meurs à l'intérieur de moi-même. 
Mes yeux se sont ouverts, je vois tout le mal vécu, tout le puzzle se combiner, le temps perdu, mon potentiel de gâcher mais Dieu qu'est ce que je le les hais !! la haine va me dévorer et je dois encore me battre contre elle, vivre pour ma fille, prendre ma revanche !!

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Dans le prochain message j'explique ces moments où je suis terrassée et comment je tente de me relever et ma nouvelle vision sur ma famille et moi même.

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Attouchements sexuels au sein d'une famille dysfonctionnelle - partie 3

Je pensais que ça me ferait du bien de raconter tous mes déboires mais, en fait, je me sens vidée. Je suis énervée car je me rends davantage compte qu'il y a encore pas mal de détails autour et que je me vois pas énumérer toutes les maltraitantes. Je me suis rendue également compte qu'en plus du cadre familiale malsain, je vivais dans un quartier malsain avec beaucoup de racisme et de violence. Je ferais sûrement  un "post" dessus pour montrer que le racisme ne vient pas toujours de là où on croit.

 

Bref, j'en reviens à cette troisième partie, celle où les souvenirs vont remonter pour de bons : je devais avoir tout juste la vingtaine, ma soeur était partie s'installer dans l'appart de son copain, me laissant avec les autres tarés. A cette époque et pendant longtemps, j'étais admirative de ma grande soeur, pour moi c'était le seul élément sain dans la famille et j'étais donc très peinée de la voir quitter le nid. Mon frère en a donc profiter pour prendre plus de liberté avec moi...

 

Dans cette famille où le garçon est roi, mon frère en plus d'être l'aîné avait tout ce qu'il désire matériellement par contre niveau amour, je ne pense pas me tromper en pensant que nous avons été les 3 enfants en manque d'affection maternelle et paternelle. Il avait donc un ordinateur dans sa chambre où j'aimais passé mon temps dès qu'il était absent et avec son autorisation bien sur. Un jour, que j'étais assise derrière l'écran, il est venu derrière moi comme en transe, le sexe au garde à vous, il voulait que je le touche. Le gars il avait 27, 28 ans... J'ai filé à toute vitesse, choquée et écoeurée. Bien évidemment, je n'ai rien dit à mes parents, toujours pour la même raison : pas d'écoute. En y réfléchissant, je me suis demandée bien plus tard comment ils auraient vraiment réagit si  j'en avais parlé. M'auraient-ils traité de menteuse, fait semblant de m'écouter ou encore auraient-ils dit que ce n'était pas grave ? En fait, je me demande si leur probable réaction ne me faisait pas plus peur que le fait de le dire.

 

Suite à cette épisode, ce frère me faisait des propositions indécentes en sachant que moi j'étais encore vierge à l'époque. J'étais donc très mal à l'aise, je ne savais pas quoi faire, moi même je relativisais, je me rendais pas bien compte de la gravité. Mais j'avais quand même peur, peur que mon frère me viole, j'étais déchiré entre cette peur et mon soit disant bon sens qui me disait "mais voyons c'est ton frère il va pas te faire ça". 
J'essayais de rester normal avec lui, de cacher ces faits, de me conduire en soeur. Puis un jour, j'ai accepté d'aller faire une séance de sport à Décatlhon. En sortant du magasin pour rejoindre sa voiture, il a recommencé à me faire des propositions en me disant "Je suis sur que si je te prenais dans un coin là maintenant, je pourrais te donner beaucoup de plaisir". Encore en cet instant, à écrire ces mots, je sens les larmes qui montent. Je suis restée polie car j'avais peur, lui disant que je ne pouvais et ne voulais pas accepter. A ce moment là précis, j'ai eu vraiment très très peur, moi qui ne connaissait rien au sexe, qui ne n'était jamais masturbée, faire ça avec mon frère ?!!!! C'était trop !!

En rentrant j'ai donc appelé ma soeur pour qu'elle m'aide. Enfin, j'avais parlé ! Tous les souvenirs de ces attouchements quand j'étais petite, ne pouvaient plus rester en arrière plan, ils étaient là, se rappelant à moi, naturellement comme s'ils avaient toujours été présents. Avec ma soeur et le frère, on s'était réunit dans ma chambre, c'est là que j'ai appris qu'il avait aussi pratiqué des attouchements à ma grande soeur. Cette dernière ne pouvait pas imaginer qu'il ferait de même avec sa plus jeune soeur, ce qui pouvait être de la curiosité à leur âge, était dans mon cas, juste un crime, je n'ai pas d'autre mot. Elle lui a donc proposé un marché, soit il allait voir un psy, soit elle le dénonçait aux parents. Évidemment, il a compris, vivant chez nos parents qu'il serait plus judicieux de voir un psy. Je pense sincèrement qu'il n'a jamais saisi l'étendu de ces actes, la répercussion psychologique que cela aurait sur moi, vu l'égocentrisme dont il était capable.

Ma soeur est donc reparti à sa petite vie, tranquille, me laissant là avec ce type qui rêvait de me violer, des parents qui ne savaient pas communiquer sans se crier dessus où tous les jours, il y avait des émotions négatives qui émergeaient de cette famille. J'étais la seule avec personne à qui en parler, ce mal être, ce dégoût, cette peur, seule comme je l'ai toujours été. Ma soeur m'avait demandé sans doute inconsciemment de me sacrifier pour le bien être des parents. Je devais me taire pour respecter le marché entre mon frère et ma soeur.
Aujourd'hui, du haut de mes 41 ans, et maman d'une petite fille, j'ai développé ma propre idée de la famille. Une famille doit se soutenir dans le pire et le meilleur, l'enfant doit pouvoir communiquer avec ces parents, savoir qu'il aura toujours leur écoute, se sentir protéger et AIMER, putain de bordel de merde !

Je suis restée dans cet état et dans cette maison jusqu'à mes 25 ans, année ou j'ai rencontré mon mari. Très vite, je me suis installée avec lui un peu plus loin mais toujours dans la même ville de merde : Mulhouse. Tous les dimanches, on allait voir ma famille pour manger avec eux et qu'ils profitent de notre présence. J'ai commencé à réfléchir à mon histoire et j'ai écrit une lettre à mon frère lui exprimant encore gentilement car je n'aime pas froisser les gens, même ce salopard là, qu'il me dégoutait, que je ne voulais plus qu'il me fasse des calins ou mêm eles bises quand on se voit en famille mais hélas, il n'a pas respecté ma demande. ET moi toujours aussi soumise, je n'ai pas exigé qu'il respecte ma demande. Comment cela aurait-il été possible vu qu'à cette époque, je ne me respectais pas, j'étais toujours une merde dans ma vision des choses, je n'ai donc pas insisté et j'ai enduré encore et encore jusqu'à l'aube de mes 41 ans, la présence de cet être infecte lors des repas familiales. A faire semblant pendant 20 ans, à ne rien dire, à supporter. J'en avais brièvement à mon mari et à ma meilleure amie qui vivait aussi à Mulhouse.

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Jusqu'ici, j'avais tenté d'étouffer toute cette colère, cette maltraitante que l'on m'avait affligé et que je m'affligeais à moi-même. Je relativisais en me disant que je n'avais pas été violée, que ce n'était pas si grave par rapport à ces pauvres fillettes qui tombaient enceinte de leur propre père. Non, cela ne pouvait pas affecter ma vie car son pénis n'était pas entré dans mon corps d'enfant et pourtant ce reniement était en train de me manger de l'intérieur.
Avec le temps, ma libido avait fortement diminué avant même d'être mère. Mon mari ne comprenait pas et je me forçais parfois pour avoir des rapports avec lui, pour lui faire plaisir. Soumise un jour, soumise toujours. Heureusement, il a compris maintenant même si c'est dur pour lui, il ne me demandera plus jamais de me forcer et moi, plus jamais, je me forcerais mais tout ceci je vais en parler dans un post "Le Réveil suite aux attouchements et famille dysfonctionnelle".

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15 août 2019

Attouchements sexuels au sein d'une famille dysfonctionnelle - partie 2

Après ce "sabotage", je n'ai plus trop de souvenir, j'ai beaucoup de mal à me rappeler de la période d'après ou alors je ne retiens que les évènements négatifs. J'étais une bonne élève en primaire, toujours avec des félicitations, toujours dans les 3 premiers et pourtant mes parents ne m'ont jamais aidé pour les devoirs, j'étais vraiment livrée à moi même. J'ai même pas le souvenir d'une historie racontée le soir au coucher. Ma culture était plutôt défaillante mais j'aimais aller à  l'école et apprendre, pour moi c'était facile sauf peut-être les divisions mais j'ai finalement compris.
J'avais un fort sens de la justice, je n'aimais pas qu'on s'attaque aux plus faibles ou qu'on dise du mal d'un autre. Je me suis retrouvée ainsi à défendre une camarade qui était maltraitée car elle était "enrobée" jusqu'au jour où je me suis pris un coup par l'un de ces agresseurs et que j'ai compris que ça faisait mal. Puis je suis devenue de plus en plus lâche, était ce du aux attouchements qui sont arrivés pendant cette période ou ce coup douloureux que j'avais pris ? Si seulement, je pouvais les replacer dans une période exacte pour comprendre mon changement de comportement.
J'ai eu quelques déboires à l'école comme tout à chacun, la fille qui me traitait de monstre parce que j'avais de l'eczéma, le garçon qui me donnait des coups de pieds sous la table pour le plaisir et les profs qui s'énervaient contre moi car je ne savais pas où était la classe de maître ou maîtresse Bidule. C'est comme si j'étais enfermée dans ma bulle, ne me souciant pas de ce qui se passait à l'extérieur, ni en m'intéressant aux autres. Mes seules connaissances venaient de l'école, je devais m'éduquer seule et obéir à tous. Lorsque il y avait un évènement à l'école, où les parents étaient conviés, pensez vous qu'ils étaient là ? Non.
Jamais de félicitations sur mes bonnes notes, sur ma gentil esse, ma soumission. j'avais le droit d'exister tant que je ne faisais pas de vagues.

Il y avait une sorte de malaise en moi qui grandissait, les affres de l'adolescence qui se pointait à l'horizon ? En plus d'un cadre malsain à la maison, je devais subir la méchanceté de mes camarades. Je traînais avec 2 filles de mon quartier mais elles me faisaient bien sentir que je n'étais qu'un boulet qu'on traîne par pitié ou par ennui. De toute façon, je n'étais pas comme elle, je n'écoutais pas Patrick Bruel, je ne m'intéressais pas autant aux garçons, à la mode etc...
Puis au collège les demoiselles ont fréquenté un garçon et son frère plus âgé dans un quartier à peine plus loin. On formait une petite bande, parfois il y avait d'autres membres mais je n'étais pas intime avec aucun d'eux et quand je dis intime c'est dans le partage de secret, se sentir bien avec l'autre, avoir envie de se confier. D'ailleurs, j'ai une spéciale dédicace pour Cédric : Cédric as tu déjà vu le film "l'expérience interdite" là où un jeune meurt pendant quelques secondes et à son retour parmi les vivants, il se fait harceler par le "souvenir" d'une petite fille qu'il rabaissait à la maternelle ? Voilà ce qui t'attend Cédric pour m'avoir rabaisser devant tous les autres à chaque fois que cela t'était possible, pour m'avoir traité de mocheté, de truc qui ressemble à rien alors que je t'aidais toi et ma copine à vous fréquenter. 

A croire qu'il y avait écrit sur mon front "fille fragile, facile à écraser, faites vous plaisir, défoulez vous sur elle", et c'est resté longtemps gravé sur mon front, je me demande même si y'a pas encore quelques mots qui sont restés.

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Autant dire qu'avec tout ça, j'étais mal dans ma peau, je vivais dans mes rêves, je pensais que le problème venait de moi. Je n'étais pas comme les autres, même si j'étais bonne élève, je restais une merde aux yeux des autres. Je me suis enfermée dans le mutisme, de toute façon personne ne m'écoutait alors pourquoi parler ? je ne pourrais dire si c'était un appel au secours mais ça me paraissait logique à ce moment là. 

Un jour, ma tante que je voyais très rarement, était venue à la maison et ELLE avait remarqué que je ne parlais pas, ô mon dieu quelqu'un la remarqué !!! Elle a demandé à ma mère comment ça se faisait et cette dernière a fait un geste de la main en mimant qu'elle me balayait de la main, avec un soupir d'agacement qui voulait tout dire : " ne te préoccupes pas d'elle, elle fait son intéressante, son bien-être psychique ne m'intéresse pas".

 

L'acoolisme de mon père s'accentuait, mais jamais, il n'a été brutal avec nous ni sa femme, il devenait vraiment juste con mais vraiment très con. Il me menaçait avec son fouet quand j'étais petite quand je voulais pas finir mon assiette mais jamais il l'a utilisé. Paraît-il que mon frère y aurait goûté mais difficile de croire un psychopathe tel que lui. Une autre fois, sobre, il m'a menacé de me frapper car il ramassait à cette époque, et il le fait encore d'ailleurs, tous les déchets du coin, c'est un accumulateur compulsif de déchets en tout genre, surtout les palettes de bois. J'étais donc en voiture avec lui, et il est allé ramasser ses merdes et si je le dénonçais  à ma mère, il me promettait qu'il me frapperait. 

Quand il buvait, il radotait à fond puis un jour dans une sorte de délire où on en pouvait plus et où on s'est mis à l'insulter et à lui crier dessus, il a pété un câble, il est monté à l'étage pour sauter par la fenêtre. Il a eu beaucoup de chance, juste son poignet a été affecté. A l'hopital, aucune prise en charge et suivi psychologique. C'est moi qui avait pris le téléphone en pleurs pour appeler une ambulance. Allô les gars, le monsieur il s'est suicidé, il a 3 enfants, il pue l'alcool, non ça vous trouble pas ? C'est là qu'on apprend qu'on s'intéresse à vous qu'une fois que vous êtes mort et encore...

 

Quelle merveilleuse enfance et adolescence. Oui je sais il y a pire, bien pire mais la souffrance elle est là, elle existe, on peut pas la minimiser parce qu' un tel a vécu pire.

Pour en revenir aux attouchements, je termine cette partie 2 sur une anecdote :
Nous étions en espagne, dans le village natale de ma mère, j'étais partie en ballade avec mon père, une grande première, j'étais contente. On avait pris les maillots pour se baigner dans la rivière du coin. Un copain de mon père nous a rejoint, il était plus âgé, il me semble. Nous étions tous les 3 dans l'eau, ce dernier a voulu m'aider à monter sur un rocher et il profité du flou de l'eau pour me fourrer son majeur entre mes lèvres le long de mon sexe tout en me soulevant pour que je grimpe sur le rocher. J'étais choquée, je ne savais pas quoi faire, dire, tellement habituée à ne pas pouvoir me confier à mes parents alors je n'ai rien dis mais j'en garde le souvenir bien ancré en moi. Bien sur mon père n'a rien remarqué.

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Attouchements sexuels au sein d'une famille dysfonctionnelle - partie 1

Voilà, j'attaque tout de suite par ce qui m'a donné principalement envie de faire un blog : parler de ce qui reste encore tabou et voir banal. A l'heure où l'humanité part sur des déviances sexuels de plus en plus perverses, où l'on veut nous faire croire qu'une gamine de 11 ans est consentante, où les violeurs vivent en liberté, les victimes d'attouchements sexuels sont les dernières qui auraient le droit de se plaindre, voir pas du tout.

Tout se qui se passe dans le cadre de la famille est sacré, encore plus si cette famille a été conditionnée par des croyances religieuses ou par une morale typiquement patriarcale, j'aurais pas fait un pléonasme, là ? Des familles qui répètent des schémas destructeurs sur plusieurs générations. Voici son profil : des parents qui font des enfants juste par tradition et parce que ça paraît normal, qui ne communiquent pas avec leur enfant, ne s'occupent pas de leur bien être psychique, ne les élèvent jamais vers le haut, ne les encouragent pas, ne les félicitent pas mais au contraire certains d'entre eux se plaisent à rabaisser leur progéniture. Ils ne veulent surtout pas que leur enfant soit meilleur qu'eux, l'enfant doit rester au même niveau ou mieux en dessous pour pouvoir l'infantiliser même une fois devenu adulte. Jamais de remise en question, jamais d'excuses, beaucoup de victimisation et de fatalisme, peur du quand dirat-on. Une famille qui obéit, sans chercher à comprendre, aux autorités supérieures : médecin, école, etc... tout ça pour sauver les apparences et tans pis pour l'enfant.

Cette famille c'est la mienne comme on peut en rencontrer encore beaucoup sur la planète. Il y a beaucoup à dire sur les attouchements sexuels entre proche parent mais il est bon de définir le cadre afin de comprendre. Je veux pas vous lâcher un "OUINNN mon frère a abusé de moi quand j'étais petite" sans explorer les facteurs qui ont mené à ces instants précis. Car tout est lié, comme des dominos qui se fracassent les uns sur les autres mais un jour, un mouton noir apparaît dans la famille et il brise la longue chute ou s'en écarte pour la regarder de loin. Et je me console en sachant que cette génération se finit avec moi car je suis la seule dans la fratrie à avoir eu un enfant à qui je donne tout ce que je n'ai pas eu, c'est à dire : du respect, de l'écoute, de l'amour.

Je ne veux pas seulement vous apporter les clés du "comment ? pourquoi ?" mais aussi donner aux autres personnes victimes, la force de dire stop à cette engrenage, c'est peut-être prétentieux de ma part mais je voudrais être le déclic qui vous ouvrira les yeux.

Début de l'histoire : j'avais entre 7 et 9 ans, je me sentais seule et à cet âge là, on ne pense qu'à une chose : JOUER ! Ayant peu d'amis et des parents qui ne s'occupaient pas de moi, mon frère et ma soeur plus âgés n'avaient pas envie de s'occuper non plus de la petite dernière. Il faut savoir que mon père est devenu vite alcoolique après ma naissance, donc c'était vraiment chacun pour soi dans sa petite bulle. 
Ma soeur a 4 ans de plus que moi et mon frère, 7 ans de plus.
Un jour que je me lamentais de n'avoir personne avec qui jouer, mon frère s'est proposé à condition de... je vous laisse deviner, que voulait donc faire ce grand garçon avec sa plus jeune soeur ? N'ayant aucune curiosité sexuelle et faisant pleinement confiance en ce grand frère, j'ai accepté le marché. Les moments de jeux (on jouait avec des petits soldats) n'étaient jamais assez long pour moi par contre les attouchements qui venaient après, étaient toujours redouté mais c'était comme ça, si je refusais, je me retrouverais seule pour jouer. Je n'avais aucun plaisir, cela me dégoûtait, j'avais juste hâte qu'il finisse. Lui, il voulait se persuader que j'aimais ça, j'avais beau lui dire que non, il ne comprenait pas. Il ne me voyait pas comme une petite fille mais juste un objet sexuel, pourtant j'étais un petit gabarit, une poupée...pas une femme avec des désirs...juste une petite fille...
Très tôt, il aurait attiré l'intention à l'extérieur car on avait remarqué un comportement instable, on aurait dit à mes parents qu'il devrait être suivi mais ils ne l'ont pas fait et voilà le résultat : deux fillettes abusées et un garçon qui aura de nombreux soucis par la suite.

Le souvenir que j'ai gardé longtemps avant d'en récupérer d'autres il y a quelque mois, c'est un soir où ma mère était entrée brusquement dans la chambre, chambre que je partageais avec ma soeur, mon frère collé à moi, faisant ses saloperies. Il a vite ôté sa main et ma mère lui a dit quelque chose du genre "fais gaffe à ce que tu fais". Elle aurait pu me sauver à ce moment là, si elle m'avait regardé, vraiment regardé avec le coeur mais vu qu'elle en avait pas, en tout cas par pour moi, je suis restée là avec mon bourreau. C'était la seule fois où il y a eu une intervention, toutes les autres fois, j'étais seule avec lui. Ou étaient-ils donc tous passé ? Mon père se beurrait à la cave, ma mère regardait sûrement la télé et ma soeur ? Très étrange.
Je me suis retrouvée dans des positions où mon frère aurait eu du mal à expliquer si quelqu'un était venu. Je ne sais pas combien de fois, il a voulu assouvir sa curiosité d'ado sur moi, ni quand ça s'est arrêté.

A partir de ce moment là, j'ai du me construire seule, je n'avais pas été "violée" mais mon psychisme si, l'image de l'homme serait dorénavant pour moi une image délétère, tronquée, je ne pourrais pas faire mon complexe d'oedipe.

Attouchementssexuelssurécolières_1200La suite dans la partie 2.

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Présentation de Madame P. ;)

Encore un journal intime qui va se noyer parmi les innombrables journaux qui hantent la toile. Mais qu'importe !! L'araignée est bavarde, un de plus, un de moins... Par contre, je me dois de me présenter avant de lâcher quelques blablateries qu ne seront peut-être pas du goût de tous. 
Pour vous, je serais madame Pepperpote, issue tout droit des dessins animés de mon enfance. Bien que je n'ai que 41 ans (si si paraît que c'est encore jeune ;), je me sens souvent à l'intérieur comme une petite vieille mais  j'ai su conserver une part d'émerveillement et de candeur qu'on ne voit que chez les enfants, tout comme Madame Pepperpote. Même mon apparence est trompeuse, imaginez que vous mixez une gamine de 12 ans avec une femme mûre, ça donne quelque chose d'étrange : un visage  juvénile mais avec quelques rides et des cheveux blancs concentrés sur les tempes.

Qu'est ce qui m'a donné envie de déballer ma vie sur la toile ? Et bien tout simplement parce que je suis arrivée à une période de ma vie où j'ai besoin de m'exprimer, de partager mon histoire et mes expériences dans l'espoir que certains pourront en profiter. Je voudrais être cette toute petite lumière parmi tant d'autre qui touche votre coeur et qui vous donne le courage d'avancer. Avec un journal papier, il n'y a pas d'interaction, moins de motivation et surtout on peut pas appuyer sur Echap !! mdr !!

 

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Posté par pepperlili à 17:57 - Commentaires [0] - Permalien [#]